mardi 27 novembre 2012

La Place Royale, Anne-Laure Liégeois, Théâtre du Vieux Colombier, 28/11/2012


On va dire que c'était un défi que de mettre en scène La Place Royale. C'est d'ailleurs une commande et on sent qu'Anne-Laure Liégeois n'est pas convaincue... Les personnages sont peu élaborés, l'intrigue n'est pas spécialement intéressante, la pièce n'a en somme pas grand intérêt. Et le défit est là : donner un peu de peps, de couleur et de reliefs à ces alexandrins tout pleins de poussière. Une danseuse fanée assise sur un banc spectatrice elle aussi de ces entourloupes amoureuses (s’ennuie-t-elle elle aussi ?), des boules à facettes, un Podalydès en grande forme, le tout dans un espèce de vestiaire abandonné... Bon ce n'est pas suffisant pour nous intéresser mais on sent du moins qu'il y a quelque chose derrière...

dimanche 25 novembre 2012

Nouveau Roman, Christophe Honoré, Théâtre de la Colline, 25/11/2012

"Ce vieux bateau crevé - l'opposition scolaire de la forme et du fond - n'a donc pas encore fait naufrage ?" - Alain Robbe-Grillet

 


Une mise en scène audacieuse, pleine d'inventions charmantes comme par exemple le fait de donner aux comédiens le rôle de personnages n'ayant rien à voir avec eux, comme par exemple Annie Mercier en Jérôme Lindon ou Ludivine Sagner en Nathalie Sarraute ! Et de surcroit les comédiens ne jouent pas Mauriac, Robbe-Grillet en Pinget mais existent tels qu'ils sont aujourd'hui, avec leur corps d'aujourd'hui et leur façon d'être ici et là. D'ailleurs le spectacle commence par une présentation "comme à l'école" de Julien Honoré introduisant le travail de son grand frère.
Pas spécialement familière avec le genre du nouveau roman j'ai parfois perdu le fil mais à chaque fois pour revenir avec plaisir.

mardi 20 novembre 2012

May B, Maguy Marin, Théâtre du Rond Point, 20/11/2012

"C'est fini. Ça va finir. Ça va peut-être finir." - Samuel Beckett in Fin de Partie

May B est une œuvre phare et vieille de trente ans qui ne prend pas une seule ride. On est emporté dans un univers pas tout à fait humain, où des pas tout à fait personnages maculés de poussière soufflent, caquettent et se meuvent dans un pas tout à fait quotidien. C'est drôle, c'est beau et ça semble c'est immortel.
Décalage, rupture, collectif, pourvu que le spectacle perdure : il ne faut pas que ça finisse !



mardi 6 novembre 2012

L'enterrement (Festen... la suite), Daniel Benoin, Théâtre du Rond Point, 06/11/2012

Est-ce bien Vinterberg qui a écrit ce texte fade, insipide et creux ? Le même qui avait réalisé le grand et bouleversant Festen ? Est-ce le metteur en scène Daniel Benoin qui a massacré (et c'est peu dire) à la fois les personnages, l'ambiance, et les enjeux du film ? Est-ce Mathilda May qui a traduit le texte du danois... ? Cela expliquerait bien des choses...
Il ne suffit pas de mettre de gueules connues sur un scène (et encore il aurait fallu mieux les choisir pour que ça attise notre curiosité !) pour produire un spectacle digne de ce nom. On a affaire à des comédiens de boulevard à peine capable d'articuler et de se tenir sur un plateau qui ridiculisent Festen, le vrai, le film. Et cette utilisation de la vidéo d'un mauvais goût ! Tiens si on venait parler d'inceste et de pédophilie sur le ton du vaudeville ?
Un zéro pointé pour Daniel Benoin et sa clique d'acteurs de série B.